Fidesco
    21 août 2008 - Fête de Saint Christophe
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Ecoutez Clémence et Sébastien au micro de RCF :


jeudi 14 février 2008
 Retour à la Camig

Colombie

Ils sont déjà quarante ou cinquante devant la porte.

Des familles, des personnes seules, déplacées dans leur propre pays.

Et toujours la même et sinistre histoire. Une femme avec ses enfants, son mari disparu ou assassiné par les FARC, une famille déjà disloquée et perdue à Bogota. C’est de Luz Enith dont je vous parle, Luz qui vient démunie et perdue avec ses quatre enfants.

Puis viennent Carolina et Lily, deux sœurs, leurs maris enlevés par les FARC, elles sont aussi désemparées que toutes les personnes qui attendent devant nous. Carolina a trois enfants, est enceinte du quatrième, elle pleure.

En les écoutant, en voyant les larmes de Carolina, les mots me manquent, je ne sais pas quoi dire. Je sens au fond que je touche là le cœur de la mission, le cœur de notre présence ici en Colombie. Face à tant de souffrance, je suis complètement impuissant, complètement perdu. Qu’est ce que je peux bien dire à ces trois femmes qui ont tout perdu, qui sont traumatisées. Pourquoi suis-je ici ? A cet instant je repense à cette parole de l’Ancien Testament : "Aimez l’étranger car au pays d’Egypte vous fûtes étranger" (Dt, 10,19). Alors je les aime, mais vraiment je les aime de toute mon âme, de tout mon cœur, de toutes mes forces. Pour paraphraser Mère Teresa, j’essaie d’être un stylo entre les mains de Dieu. Ces femmes sont des étrangères à Bogota, elles sont physiquement des étrangères pour moi. Mais en réalité nous sommes frères et sœurs, frères et sœurs dans le Christ. Ma force, ma raison d’être en cet instant c’est l’amour.

Après notre entretien, je proposerai à Carolina, Lily et Luz Enith de la nourriture et des vêtements. En cherchant un peu j’arriverai même a dénicher pour les enfants de Carolina quelques jouets et pour Luz Enith un matelas dont elle avait besoin. Je conseillerai aussi à Carolina et Lily de porter plainte à la Defensoria del Pueblo, un organisme colombien chargé de recueillir les plaintes des victimes de la guérilla et des groupes paramilitaires. Je leur donnerai aussi les coordonnées d’un contact à la Croix Rouge Internationale susceptible de les aider. Je les inviterai enfin à me rappeler en cas de besoin ici à la fondation. Oh oui j’essaierai de leur apporter toute l’aide mise à disposition par la fondation, mais au fond je réalise que ce que j’ai de plus cher c’est cette force d’amour et de compassion, qui d’ailleurs ne m’appartient pas. J’essaie simplement d’être le meilleur stylo possible, le plus juste et le plus fin. Et tout cela je le concrétise à la fin de la journée en faisant un saut dans la chapelle du Camig. Dans l’obscurité de la chapelle je confie au Seigneur toutes ces familles dont j’ai fait la connaissance au cours de la journée. Je lui demande, à lui qui connaît si bien la souffrance, de venir combler la souffrance de ces familles, de les protéger et de les aimer de son amour si paternel. Je lui demande aussi de nous permettre à Clémence et moi d’être les meilleurs instruments possibles de son amour.

lundi 11 février 2008
 Et dire que Fidesco nous voulait pauvres comme de vrais missionnaires !

Colombie

Et bien nous le sommes de plus en plus… Un peu avant Noël, notre appartement a été cambriolé et notre ordinateur avec toutes les photos, nos notes et bien d’autres choses. La fondation à cette occasion a été formidable et c’est tout le personnel avec le directeur, Mgr. Teofilo Tobar, qui nous a témoigné son affection par une foule de petites attentions et beaucoup de gentillesse.

Nous ne pouvions pas manquer de vous raconter le formidable événement qui s’est déroulé ici : la semaine des migrants.

Organisée par la fondation et plusieurs associations catholiques, elle permet de sensibiliser au problème de déplacement forcé, à la solidarité avec les familles, à la reconnaissance et la dignité envers ces personnes. Dans les paroisses, les écoles et les entreprises les gens participent et tentent de faire toucher du doigt ce douloureux problème.

Une marche était même organisée dans les bidonvilles pour le lancement de la semaine.

Au cours de cette marche nous avons pris conscience de la misère dans laquelle vivent ces personnes. Cette misère nous en avons un aperçu lorsque nous rendons visite au groupe Buena Semilla le dimanche, bien que les enfants vivent à l’autre bout de la ville. Mais les conditions de vie des familles que nous avons rencontrées ce jour là sont encore plus dures. La plupart vivent dans des maisons en bois, le toit étant fait de bouts de tôles récupérées et les fenêtres ne sont en fait que des trous entre deux planches. Les plus chanceux ont un plancher en ciment, mais la plupart sont en terre. Toutes ces maisons sont construites à flan de montagne, à plus de 2500 mètres d’altitude. De telles constructions dans un climat chaud ne nous choqueraient pas, mais là il fait rarement plus de 15 degré en journée et 5 la nuit. S’ajoutent à cela les pluies fréquentes de Bogota… Aucune de ces maisons n’a l’eau courante. Un camion vient livrer de l’eau toutes les semaines. Arrivé aux trois quarts du chemin (avant la dernière maison), il s’arrête car le chemin est trop pentu et peu praticable. Les dernières familles doivent donc marcher une demi heure pour se procurer de l’eau.

Mais nous avons aussi des petits bonheurs. La remise de diplômes, la joie de voir que les cours et la formation donnent des résultats concrets se traduisant par un emploi retrouvé ou en tout cas la chance d’un nouveau départ.




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 samedi 29 novembre 2008
Paris
Week-end découverte Fidesco
Pour être invité : envoyez votre candidature (CV et lettre de motivation) à fidesco@emmanuel.info.




 
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