jeudi 20 mars 2008 Autant vous le dire, les dernières semaines étaient assez agitées à Douala…
Cameroun
De graves émeutes, particulièrement dans les grandes villes du sud, du centre et de l’ouest, des actes de violence inouïs ont été commis, des saccages, des destructions de magasins, de station d’essence et des affrontements avec les forces de l’ordre ont créé un climat de peur.
Mais dans cet immense désordre, des jeunes en barrant la route à des casseurs, ont assuré la sécurité de tout un quartier. Le pays a été bien secoué, Douala a été une ville morte pendant quatre jours, plus de moto taxi, plus de voiture, seulement quelques passants s’aventuraient et beaucoup de militaires essayaient de garder les bâtiments publics et repoussaient les manifestants.
Je le vois parfois, les paradoxes bousculent et donnent de l’intensité à la vie : les souffrances sont aussi profondes que les joies. Je rencontre vraiment des situations difficiles, des jeunes qui ont une vie de famille si compliquée, je pense souvent au roman d’ Emile Zola : « Germinal » et à cette famille Maheu qui n’arrête pas de descendre dans une misère toujours plus profonde. Je n’ai jamais autant réalisé que le mal existe, ici il est visible et répandu ! De par les pratiques occultes, la tricherie, la violence, les injustices et la misère. Je ne sais pas toujours que faire face à des situations si difficiles, la tentation est de donner des conseils, notamment avec de jeunes mères célibataires, qui ne savent pas toujours comment gérer leur bébé, mais la culture et les traditions ne me donnent pas toujours raison, j’ai à respecter leur différence et leurs priorités bien divergentes.
Mais face à ce mal, je rencontre aussi des personnes généreuses qui posent des actes de bonté : un responsable technique a offert à la chaîne 12 fûts de peinture, c’est une belle opportunité pour repeindre les bureaux qui sont dans un état pitoyable ! Un autre responsable me demande de passer, il a un chèque à me remettre pour les enfants. Non seulement, il me remet un don, mais il en donne un autre pour un orphelinat en disant : « Je suis tellement comblé par Dieu, que ce n’est pas grand chose ! ».
Un Directeur Général continue d’accueillir les stages de vacances, ainsi, 6 – 8 jeunes peuvent faire des petits travaux dans son usine et gagner un peu d’argent honnêtement. Ils font ce que dit saint Paul : « Vaincre le mal par le bien ».
Dieu est là !
mardi 19 février 2008 Quelle joie de revoir des jeunes du foyer heureux de leurs placements !
Cameroun
Je pense à Ghislain, malgré un passif de petit voleur, qui est maintenant dans un garage, tout heureux et fier de mériter un salaire (il est d’ailleurs revenu au foyer pour demander comment nous aider !). Je revois Edbeaugard qui à force de persévérance, et sans être payé par l’hôtel qui l’employait, a finalement perçu son indemnité d’apprentissage.
De nouveaux jeunes viennent à nous pour solliciter une formation, un stage ou un emploi, il nous faut donc prendre le temps de les connaître, de définir leur projet, de cerner leur profil, et ensuite, nous allons à la conquête des places. Comme d’autres réussissent, beaucoup s’imaginent que l’apprentissage en cuisine, par exemple, est une formation facile, mais en situation, ils découvrent une réalité tout autre : debout, 10 heures ou plus, 6 jours par semaine ou davantage, tôt le matin et /ou tard le soir.
La semaine des 35 heures n’est pas le lot des apprentis, ni des employés camerounais. Mais celui qui est motivé, qui sait s’accrocher, a des chances de voir son stage prolongé et parfois il est embauché. Si les jeunes de saint Nicodème réussissent bien en cuisine, ils sont bien cadrés par les chefs, ils sont sans cesse sous le regard d’un autre, du coup, leur cadre est à la fois sécurisant et à la fois leur point d’appui. Ceux que nous plaçons en soudure, ont un cadre professionnel plus large, lorsque le patron s’absente, le jeune peut se relâcher, l’atelier est souvent à même dans la rue, il n’y pas de contenant, moins d’interdits structurants…
jeudi 07 février 2008 Douala ne me surprend plus !
Cameroun
Progressivement, je me fais à la vie de cette ville. Le quotidien m’est maintenant devenu naturel.
J’ai compris maintenant qu’il faut sans cesse adapter les formations, les orientations, que chaque histoire est particulière avec ses accidents de vie et ses souffrances.
Rencontrer des patrons, l’accueil des jeunes le lundi, constater que les choses progressent doucement, que l’un sort de la délinquance et que l’autre se plaît dans son nouveau métier.
Et puis il y a les anecdotes, notre visite aux Pygmées près de Kribi, le match de foot Cameroun - Reste du monde avec le Père Emmanuel Pinot venu de Paris et la visite de ma sœur avec sa famille.
Mais il y a aussi, et surtout, mon regard qui a changé en un an, des personnes (surtout les handicapés) que je ne regarde plus comme avant et le sentiment profond que Dieu est si proche, que la prière quotidienne et l’Eucharistie sont des forces que je ne mesure pas. Oui, Dieu est là, il aime vraiment l’humanité.
Depuis une année, nous avons mis en placement 89 jeunes ! 39 en formations, 19 emplois, 15 temporaires et 16 en stages de vacances.
Cameroun Colombie Indonésie Congo USA Philippines Guinée samedi 29 novembre 2008 Paris Week-end découverte Fidesco
Pour être invité : envoyez votre candidature (CV et lettre de motivation) à fidesco@emmanuel.info.